Environ 2 semaines après le départ du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Premier ministre révoqué, Alix Didier Fils-Aimé, se retrouve face à une pression croissante de la classe politique. Bien qu’entouré des figures très connues de politiciens traditionnels tels que, l’ancien président provisoire, Jocelerme Privert, réputé proche du secteur privé haïtien, l’ancien sénateur Youri Latortu, sanctionné par les États-Unis, le conseil de l’UE et le Canada pour avoir armé et financé plusieurs bandes armées, pour promouvoir son programme politique, défendre ses intérêts personnels et économiques, et contrôler des territoires en Haiti entre autres.
Entre vide politique et urgence sécuritaire, le chef du gouvernement tout puissant, doit transformer l’attente en actions concrètes pour stabiliser le pays après plus de 15 mois au pouvoir.
Depuis après le départ du CPT, Alix Didier Fils-Aimé est seul à la Primature. Pour certains le fait que c’est la volonté des ”blans” le pouvoir de Fils Aimé est synonyme de chèque en blanc. Pourtant selon des sources proches du milieu diplomatique à Port-au-Prince, le Premier ministre évolue sur une corde raide. Pour asseoir sa légitimité, il lui est impératif d’obtenir, dans les plus brefs délais, un accord politique minimal avec les grandes figures de l’opposition et de la société civile. L’objectif est clair : démontrer qu’il dispose de soutiens solides pour éviter l’isolement au sein d’une classe politique divisée, bien que jusqu’à présent le rapport de force est du côté de Fils Aimé.
Dans son discours de départ l’ancien coordinateur du CPT Laurent St Cyr avait rappelé au premier ministre que pour réussir sa mission bien qu’il avait déjà plus de 12 mois au pouvoir, son gouvernement doit répondre à des défis tels que: la stabilité et le démantèlement des gangs. Ce sont des conditions préalables à toute normalisation pouvant mener à l’organisation des élections générales dans le pays. Car Sans une reprise des territoires perdus et contrôlés par les groupes armés, aucun projet d’élections n’est possible en Haïti en 2026, pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Des milliers de déplacés internes, la crise humanitaire qui s’envenime, la domination des gangs sur la capitale du pays et l’Artibonite, deux plus grandes départements du pays, une transition politique boiteuse et fragile, des problèmes sanitaires, environnementaux, éducatifs entre autres sont parmi les grands défis, qu’un gouvernement de transition normal devrait se donner la peine à résoudre, dans un pays comme Haïti, mais hélas! Nos dirigeants sont au pouvoir que pour répondre à leur désidératas.
Alix Didier Fils Aimé est le principal adversaire du chef du gouvernement tout puissant.
S’il ne parvient pas à prouver sa capacité de leadership en ce temps difficile, nous ne pouvons qu’à espérer une transition qui s’enlise davantage, en laissant le pays dans une incertitude trop longtemps déplorée par ces fils et filles qui cherchent désespérément une société meilleure sans jamais voir des dirigeants à la hauteur du rêve.
Dominique SIFFRARD


