À peine investi de l’ensemble des pouvoirs exécutifs après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a donné le ton d’une gouvernance axée sur l’urgence et l’efficacité. Lors de la cérémonie de passation, il s’est limité à des annonces concrètes : la tenue immédiate d’un Conseil des ministres , dans un climat national marqué par une profonde crise sécuritaire.
Devenu l’unique chef de l’exécutif dans un système désormais monocéphale, Alix Didier Fils-Aimé entend agir vite. Le Conseil des ministres convoqué dès l’après-midi vise à fixer les grandes priorités de l’action gouvernementale. Le chef du gouvernement souhaite notamment rassurer une population éprouvée par l’insécurité et l’instabilité, en présentant une feuille de route centrée sur le rétablissement de l’ordre et la reprise du contrôle de l’État sur le territoire.
Contrairement aux craintes largement partagées dans l’opinion publique, la journée du 7 février s’est déroulée dans le calme à Port-au-Prince. Beaucoup redoutaient des mouvements de tension dans les rues à cause du bras de fer politique entre le Premier ministre et une frange du Conseil présidentiel de transition. Mais la capitale s’est réveillée sans heurts majeurs, dans une atmosphère plutôt apaisée.
Avant même l’échéance du 7 février, les États-Unis avaient clairement réaffirmé leur soutien à Alix Didier Fils-Aimé comme seul chef de l’exécutif. Cette position diplomatique a pesé dans le rapport de force, alors qu’un groupe au sein du CPT tentait d’imposer une nouvelle formule de transition à trois têtes, incluant Leslie Voltaire, Jocelyne Casimir et Charles Tardieu, chargés de coordonner l’action de l’État après la fin du mandat officiel.
Cette proposition alternative n’a finalement pas abouti. Le Premier ministre, conforté par ses appuis internationaux et institutionnels, s’est imposé comme le seul maître à bord. Dans ce contexte de crise politique et sécuritaire, il assume désormais seul la responsabilité de conduire la transition et de répondre aux attentes pressantes de la population.
Sans perdre de temps, Alix Didier Fils-Aimé a pris des décisions fortes dès ses premières heures à la tête de l’exécutif. Il a notamment procédé à la révocation du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus, et assuré personnellement l’intérim à ce poste stratégique. Ce geste est interprété comme une volonté de reprendre le contrôle des leviers économiques dans une période critique.
Par ailleurs, des changements administratifs ont été engagés dans plusieurs communes clés, notamment à Port-au-Prince, Gressier et Pétion-Ville, où de nouveaux cartels intérimaires ont été désignés. Bien que les noms n’aient pas encore été rendus publics, ces mesures traduisent une volonté de réorganiser rapidement l’appareil de l’État. Pour le Premier ministre, le temps n’est plus aux discours, mais à l’action dans un pays en quête urgente de stabilité
Miracson MONDÉSIR

